Annonces de la pérennisation de places d’hébergement à la sortie de la trêve hivernale et mise en œuvre du plan logement d’abord

30 mars 2018

Jacques MÉZARD, ministre de la Cohésion des territoires, Julien DENORMANDIE, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Cohésion des territoires et Sylvain MATHIEU, délégué interministériel à l’hébergement et l’accès au logement ont annoncé ce vendredi 30 septembre à Montpellier les territoires qui feront l’objet d’une mise en œuvre accélérée du Plan Logement d’Abord, suite à un Appel à Manifestation d’Intérêt émis en novembre 2017.

5000 places d’hébergement vont être pérennisées dans le cadre de la fin de la trêve hivernale 2018, ce qui correspond à la demande formulée par le Collectif des associations unies lors de leur dernière conférence de presse du 7 mars. C’est un effort très important dans un contexte où l’action de l’Etat a atteint des niveaux inédits durant cet hiver en ouvrant jusqu’à 153 000 places. Cette pérennisation de 5000 places s’inscrit dans une stratégie globale visant à permettre la prise en compte du plus grand nombre de situations. Le plan Logement d’abord encourage la sortie progressive des personnes hébergées dans le cadre du dispositif hivernal vers une solution d’hébergement pérenne et adaptée à leur situation.

Compte tenu d’une forte mobilisation des collectivités dans le cadre de l’appel à manifestation d’intérêt, ce ne sont pas 15 mais 24 territoires qui ont été retenus pour une mise en œuvre accélérée du plan. Dans ces territoires l’Etat, les collectivités locales, les acteurs de l’hébergement et du logement ainsi que l’ensemble de leurs partenaires sanitaires et sociaux s’engageront conjointement sur des objectifs partagés de résultats et de moyens afin de réduire drastiquement et de façon soutenue le sans-abrisme. Les territoires devront dépasser la logique de l’expérimentation pour mettre en œuvre la réforme structurelle de leur organisation. Dans une logique étroite de coopération avec le gouvernement, les 24 territoires participeront à un comité de suivi national, qui leur permettra 2 à 3 fois par an d’échanger sur leurs pratiques et de faire remonter les leviers de réussite et les points de difficulté liés à leurs projets. Jacques MÉZARD s’est félicité de l’intérêt qu’ont montré les collectivités vis-à-vis du Plan Logement d’Abord et a réaffirmé la nécessité d’orienter rapidement les personnes sans-domicile de l’hébergement vers un logement durable.

Présenté le 11 septembre 2017 à Toulouse par le Président de la République, le plan quinquennal pour le Logement d’abord et la lutte contre le sans-abrisme propose une réforme structurelle de l’accès au logement pour les personnes sans-domicile, répondant au constat d’une saturation toujours croissante des dispositifs d’hébergement d’urgence dans les territoires. Cette nouvelle stratégie a pour ambition de diminuer de manière significative le nombre de personnes sans domicile d’ici 2022. Il s’agit de passer d’une réponse construite dans l’urgence s’appuyant majoritairement sur des places d’hébergement avec des parcours souvent longs et coûteux, à un accès direct au logement avec un accompagnement social adapté aux besoins des personnes.
Piloté par la Délégation Interministérielle à l’Hébergement et l’Accès au Logement (Dihal), le plan a fait l’objet d’un appel à manifestation d’intérêt émis en novembre 2017 dans le but de soutenir l’engagement de 15 territoires (à l’échelle communale, intercommunale ou départementale) dans la mise en œuvre accélérée du plan Logement d’abord. Au total, 31 candidatures ont été reçues et étudiées par un comité de sélection composé des grandes fédérations du secteur de l’hébergement et du logement, des trois associations d’élus partenaires (AdCF, ADF et France Urbaine) ainsi que de l’ANAH. Sylvain MATHIEU a notamment souligné la qualité des candidatures reçues.

Le Plan Logement d’Abord ne concerne cependant pas uniquement les 24 collectivités sélectionnées. Il s’agit d’une stratégie nationale qui sera déployée sur l’ensemble du territoire français dès 2018, notamment par la mise en œuvre du 2ème plan d’actions interministériel de prévention des expulsions locatives, la relance de la production de logements adaptés (intermédiation locative et pensions de famille), le lancement d’un 2ème plan de réduction des nuitées hôtelières ou encore la production de supports de formation au Logement d’abord.

"Ce qu’on a voulu, c’est commencer rapidement en faisant des appels aux territoires pour voir ceux qui étaient volontaires pour accélérer le processus. Au départ, on avait dit 15 territoires mais nous avons reçu 31 réponses formelles. Ce plan ne va pas réussir en six mois, c’est un processus long. On sait que ce sera dur mais on y croit. Nous sommes convaincus que c’est la bonne démarche et on veut réussir", a déclaré Jacques MEZARD.

"Nous prenons des mesures fortes pour répondre à l’urgence, pour apporter plus à celles et ceux qui en avaient besoin. Aujourd’hui on sort de cette trêve hivernale et on va pérenniser 5.000 places supplémentaires par rapport au dispositif normal qui court toute l’année, plus 5.000 places d’hébergement d’urgence. Mais la réponse à l’urgence doit s’appuyer sur l’accompagnement vers un vrai logement pérenne ", a ajouté Julien DENORMANDIE.