Cérémonie des vœux à la presse

21 janvier 2013 | Mis à jour le 23 août 2013


Mesdames, Messieurs,



Il est courant, lors de la présentation des vœux à la presse, de faire le bilan de l’année qui vient de s’écouler et tracer les perspectives de l’année à venir. Si bien que je ne sais pas pourquoi on baptise cette cérémonie du nom trompeur de voeux à la presse, tant il est vrai que c’est d’abord l’occasion pour celles et ceux qui s’expriment à cette occasion de parler d’eux même. 



« Cérémonie d’autocongratulation » serait certainement plus juste, quoi que moins vendeur peut être. En gros, dans quelques instants, je vais vous expliquer à quel point j’ai bien travaillé en 2012, et à quel point je vais m’appliquer davantage encore en 2013. Pardon de dévoiler la fin du film avant l’heure du passage au petit fours, mais l’honnêteté me commande de prévenir celles et ceux d’entre vous qui seraient trop pressés afin de leur économiser un temps précieux.



Mais avant de sacrifier à cette tradition, permettez moi une entorse au narcissisme. Je voudrais d’abord vous parler de vous, mesdames et messieurs de la presse et des média. De vous, et des conditions de l’exercice de votre profession.



Je sais que nos relations se déroulent le plus souvent sur le mode du jeu du chat et de la souris. Vous avez vos questions, et nous autres politiques avons nos réponses et toute la difficulté pour nous est de faire croire qu’elles correspondent à vos questions davantage qu’à une stratégie prédéfinie. Nous avons partie liée. Nous politiques avons un message à faire passer, vous une information à porter à la connaissance de ceux qui vous suivent. C’est cette double contrainte, cette tension induite par la différence de nos positions dans le champs des institutions qui est essentielle pour la démocratie, car tout pouvoir doit avoir son contre pouvoir.



La vérité tient en peu de mots : vous n’êtes pas la pour nous faciliter la tâche. Ce qui explique que nos relations tournent parfois à la confrontation. Et bien je m’en félicite. Je suis en effet issue d’une tradition politique suffisamment contestataire, pour avoir toujours applaudi aux exploits de la presse chaque fois que celle-ci levait des lièvres, dénonçait des scandales, débusquait des contre-vérités. En tant que téléspectatrice j’ai toujours eu en horreur le ton compassé et déférent de ceux pour qui la génuflexion tient lieu de ligne de conduite. Je souhaite autre chose pour la démocratie de mon pays. Je préfère l’irrévérence d’une interrogation, à l’édredon du renoncement.



Je vous souhaite donc de continuer à me poser des questions …auxquelles je n’ai pas envie de répondre ! Je ne vous promets pas d’y répondre davantage en 2013 qu’en 2012, mais persévérez. ; on ne sait jamais. Qui sait, à l’usure…

Retrouvez le discours dans son intégralité - ( PDF - 129.4 ko )


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