Examen en séance du projet de loi pour l’accès au logement et un urbanisme rénové

10 septembre 2013 | Mis à jour le 27 septembre 2013

Monsieur le Président, Madame, Monsieur les rapporteurs, Mesdames, Messieurs,

Je monte à cette tribune avec un sentiment d’urgence et de gravité. Je suis devant vous avec la conviction que nous allons avoir, ensemble, l’un de ces débats qui déterminent une part de l’avenir d’un pays… Que l’opposition ne critique pas ce texte, animée par une volonté de destruction, mais avec le souci constant de son amélioration. Que la majorité ne le soutienne pas par réflexe, mais par conviction. Voilà les vœux que je formule…

Au cœur du pacte républicain, l’aménagement du territoire, l’urbanisme, le logement occupent une place particulière, parce la question sociale se présente bien souvent, en premier lieu, comme une question spatiale. En d’autres termes, le cadre de vie est générateur d’inégalités nouvelles. La première d’entre elles est bien souvent celle de l’accès au logement, devenu le baromètre de toutes les injustices et discriminations. La réalité, c’est que notre pays est confronté à une fracture résidentielle d’une telle ampleur qu’elle constitue une bombe à retardement. Dans un contexte de crise économique majeure, la violence de cette fracture est telle que beaucoup ont la sensation que le progrès social en berne se double, pour eux, d’une assignation à résidence.

L’enjeu qui nous anime aujourd’hui, c’est bien de rétablir une égalité d’accès au logement parce que la fracture résidentielle est une composante majeure de la fracture sociale. Selon l’endroit où l’on habite, le type de logement où l’on réside, selon que l’on soit propriétaire ou locataire, selon tout simplement que l’on ait un toit au dessus de sa tête ou qu’on ne bénéficie d’aucun abri durable, on ne vit pas la crise du logement de la même manière. Nous avons le devoir d’agir pour chacun.
Ce qui qualifie cette crise, c’est non seulement sa violence, mais tout autant sa durée. Et je suis convaincue que pour faire face à une crise qui dure, il est nécessaire de poser la question des responsabilités. Non pour désigner un coupable, stigmatiser une profession, chercher un bouc émissaire, mais bien plutôt pour comprendre que le mal logement n’est pas une fatalité.


Le discours dans son intégralité - examen en séance du projet de loi ALUR (PDF- 127.2 ko)


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