Les territoires en action pour réduire le sans-abrisme

28 mars 2019

Lyon, Grenoble, Nantes, Toulouse, Mulhouse… ; en mars 2018, 23 territoires de mise en œuvre accélérée du plan Logement d’abord ont été sélectionnés afin de privilégier des solutions pérennes de retour au logement. Sur ces territoires, un seul but : réduire le sans-abrisme d’ici 2022. Éclairage sur les actions déjà mises en œuvre à Metz, Bordeaux et Lorient.

Pour rappel, le Logement d’abord apporte une réponse de long terme à la situation des personnes sans-domicile. Lancé en septembre 2017, ce plan propose un accès direct à un logement pérenne aux personnes en situation de grande précarité pour faciliter leur insertion dans la société. L’idée est bel et bien de supprimer les parcours d’hébergement sans issues et d’orienter les personnes de l’hébergement vers le logement.

Metz : accompagner et favoriser le logement des personnes sortant d’institutions

Une colocation pour les jeunes étrangers sortant de l’aide sociale à l’enfance

« En février, nous allons ouvrir une troisième colocation destinée aux jeunes étrangers sortant de l’aide sociale à l’enfance !  » se réjouit Gilles Bonneau, responsable logement à la DDCS (direction départementale de la cohésion sociale) à Metz métropole. Depuis le mois de décembre, la métropole de Metz a ouvert deux colocations pour les jeunes étrangers, dans le cadre du plan Logement d’abord. Aidés jusqu’à leur majorité en ce qui concerne le logement, ces jeunes âgés de 16 à 18 ans, suivent des formations rémunérées 300 euros par mois grâce aux foyers de jeunes travailleurs. « Leur rémunération ne leur permet pas d’occuper un logement seul », précise Gilles Bonneau. Pour ces jeunes sortant des foyers, la ville de Metz a mis en place des colocations de 3 à 5 personnes dont le loyer global est d’environ 400 euros par mois. « Les jeunes qui bénéficient de ce dispositif sont tous volontaires, la colocation étant un format particulier d’hébergement », souligne Gilles Bonneau.


Vers l’autonomie en dehors de l’hôpital

Une seconde mesure concerne la sortie des centres hospitaliers vers le logement. «  À la mi-décembre, 4 candidats devaient nous être proposés par l’hôpital psychiatrique de Metz. À la fin du mois de janvier, on se retrouve avec quinze personnes identifiées. », indique Gilles Bonneau. Ces personnes seules, sous tutelle, bénéficient du RSA ou de l’AAH (allocation adultes handicapés). En février, les quatre premiers bénéficiaires poseront leurs valises dans leurs studios, dont la recherche est couverte par l’association AMLI. Les autres installations suivront quatre par quatre entre mars et juin. « Le but c’est d’arriver à 10 logements avant juillet  », affirme Gilles Bonneau. Il faut savoir que ces personnes disposent déjà d’un appartement autonome au sein de l’établissement hospitalier et que cette démarche les pousse à poursuivre leur autonomie en dehors du centre psychiatrique. Une fois en dehors, leur accompagnement médical est maintenu.

Bordeaux métropole et le département de la Gironde : mieux coordonner l’action des différents acteurs


Un Chez-soi d’abord

En étroit partenariat avec l’ARS (agence régionale de santé) de Nouvelle-Aquitaine, la métropole de Bordeaux et le département de la Gironde ont ouvert un nouveau dispositif, Un Chez-soi d’abord en vue d’accompagner les personnes souffrant de troubles psychiques vers le logement.

«  Depuis le début de l’année 2019, nous avons recruté 16 personnes : 9 dédiées à l’accompagnement médico-social et 7 sur la recherche de logement », indique Vincent Legrain, chef du service hébergement-logement de la direction régionale et départementale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale (DRDJSCS) de la Nouvelle-Aquitaine.

Au début du mois de mars 50 personnes, déjà accompagnées en sous-location, vont accéder à un logement direct en bénéficiant de ce dispositif d’accompagnement. «  Une fois ces 50 personnes logées, l’objectif est qu’une nouvelle personne intègre le parc privé tous les 10 jours  », informe Vincent Legrain.


Un accompagnement adapté de la rue à l’envol

Dans un second temps, 30 personnes issues de la rue, d’hébergements d’urgence ou de squat vont accéder à un logement proposé par les bailleurs sociaux. «  Les personnes bénéficiaires sont des personnes isolées ou des familles monoparentales. Elles vont faire l’objet d’un accompagnement spécial », soulève Vincent Legrain. Trois associations (Le lien, Laïque Prado et Diaconat) vont s’occuper de l’installation de ce public dans leur nouveau logement. Elles seront en charge d’ouvrir les compteurs, de brancher le téléphone, mais aussi de faire accepter leur nouvel environnement aux nouveaux arrivants. « Un coordinateur a également été recruté pour superviser le travail des associations et adapter le dispositif selon les profils  », relève Vincent Legrain. Sur les 30 logements, un tiers se trouve dans le Libournais et les deux tiers restants dans la métropole de Bordeaux.

Une plateforme téléphonique pour la captation du parc privé

Toujours dans un souci de coordination des acteurs, deux agences immobilières à vocation sociale vont tenir une plateforme téléphonique. « Les agences Laïque du Prado et SOLIHA vont être en charge de la captation du parc privé à des fins sociales et ce dès la fin du mois de février », souligne Vincent Legrain.

Lorient : mieux connaître les personnes à la rue

Une équipe mobile

Lorient agglomération a mis en place une équipe mobile dans les communes de l’agglomération hors Lorient. «  L’équipe a été recrutée au mois de novembre par l’association Sauvegarde 56. Trois personnes la constituent, deux travailleurs sociaux et un infirmier », indique Virginie Le Texier, coordinatrice du dispositif Logement d’abord à Lorient. L’équipe a trois fonctions : l’accompagnement des ménages vers et dans le logement, l’observation sociale à travers une étude de terrain sur le sans-abrisme menée en lien avec Askoria pour faire apparaître les besoins et les forces du territoire, et la coordination des actions immédiates à mener face à la grande précarité en lien avec la plateforme, le SIAO et les CCAS (centres communaux d’action sociale).

« Nous avons repéré une dizaine de situations aux profils très divers. Il y a, par exemple, le cas d’une jeune femme toxicomane, victime de violence et sans-abri suite à une expulsion. Les diverses propositions qui ont pu lui être faites n’ont pas été pérennes pour cause de dégradation des hébergements. Le plus important, quand l’équipe rencontre une personne, c’est que cette dernière soit d’accord avec le dispositif d’accompagnement qu’on lui propose. », détaille Virginie Le Texier.

Le principe est de remobiliser les différents partenaires autour de la personne. « Dans le cas évoqué, nous avons d’abord contacté le personnel de santé, puis le CCAS de Lorient. Il a été décidé que l’équipe mobile accompagnerait cette femme à condition qu’elle soit dans une démarche de soins », indique Virginie Le Texier.