Politique de la ville : un an de mobilisation nationale pour les habitants des quartiers

23 mai 2019

En Conseil des ministres, le 22 mai dernier, Julien Denormandie, ministre chargé de la Ville et du Logement, a fait l’état des lieux de la mobilisation nationale pour les habitants des quartiers, un an après son lancement. Renouvellement urbain, renforcement de la sécurité, éducation, emploi, accès à la culture… : le Gouvernement a retenu 40 mesures pour améliorer le quotidien des 5,4 millions d’habitants des quartiers prioritaires de la politique de la ville. Objectif : donner à ces habitants accès à la réussite républicaine et à l’égalité des chances.

Initiée par le président de la République, Emmanuel Macron, en juillet 2018, cette mobilisation nationale pour les habitants des quartiers permet de renforcer des dispositifs existants, mais aussi de déployer de nouvelles mesures du fait d’un engagement financier conséquent : 3 milliards d’euros par an supplémentaires et l’augmentation de 20 % des crédits spécifiques de la politique de la ville, en 2019, soit une hausse de 81,1 millions d’euros.

Compte rendu du Conseil des ministres du 22 mai 2019

« Nous avons profondément accéléré les choses : les grues reviennent dans nos quartiers et, en six mois, c’est plus de cinq milliards d’euros qui ont été engagés par l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru). C’est plusieurs centaines d’écoles et plusieurs dizaines de milliers de nouveaux logements qui ont été rénovés dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville. », Julien Denormandie, ministre chargé de la Ville et du Logement

Une démarche décloisonnée

Depuis un an, la mobilisation nationale pour les habitants des quartiers s’appuie sur un engagement de tous les acteurs – État, collectivités locales, entreprises, associations, habitants… –, un travail collaboratif avec les élus et les associations, notamment, ainsi qu’un décloisonnement, à tous les niveaux, pour faire avancer les projets et adapter les solutions et les actions proposées aux besoins locaux.

En effet, les mesures sont déclinées dans chaque territoire au travers des contrats de ville. En rénovation et prorogés jusqu’en 2022, ces derniers intègrent les engagements de l’État, des collectivités territoriales et de nombreux autres acteurs signataires (bailleurs sociaux, Caisse d’allocations familiales…).


Repères

  • 5,4 millions d’habitants dans 1 514 quartiers prioritaires, en métropole et outre-mer ;
  • plus de 40 % des habitants de ces quartiers sont sous le seuil de pauvreté ;
  • un taux de chômage 2,7 fois supérieur au reste du territoire ;
  • un taux de pauvreté 3 fois plus élevé ;
  • une réussite au brevet des collégiens de 6 points inférieure à celle de leurs homologues de la ville voisine ;
  • moins de 50 % des femmes en activité et, lorsqu’elles le sont, en emplois plus souvent fragmentés et précaires qu’ailleurs…

Focus sur des mesures phares

Aujourd’hui, même s’il reste beaucoup à faire pour rattraper les écarts socio-économiques que connaissent les résidents des quartiers prioritaires, le Gouvernement a engagé l’ensemble des chantiers prévus, et 50 % des mesures sont d’ores et déjà opérationnelles. Lors de sa communication en Conseil des ministres, Julien Denormandie, ministre chargé du Ville et du Logement, a fait un point d’étape sur des indicateurs phares de cette mobilisation nationale pour les habitants des quartiers.

Accélération du Nouveau programme national pour le renouvellement urbain (NPNRU) 238 quartiers du NPNRU sur 480 ont vu leurs projets approuvés, entre mai 2018 et avril 2019. 5,7 milliards d’euros sont ainsi mis à disposition des collectivités territoriales et des bailleurs sociaux pour engager les chantiers de transformation des quartiers.


Déploiement de la police de sécurité du quotidien

47 quartiers de reconquête républicaine (QRR) ont été créés sur les 60, au moins, prévus d’ici 2020. Ils bénéficieront de la création de 1 300 postes de policiers et gendarmes, soit entre 10 et 30 créations nettes d’effectifs par QRR.


Dédoublement des classes de CP et CE1, mesure massive

100 % des classes de CP et CE1 en Réseau d’éducation prioritaire renforcé (Rep+) bénéficient du dédoublement depuis la rentrée 2018-2019. Cette mesure bénéficie, aujourd’hui, à près de 190 000 élèves ; ils seront 300 000 à la rentrée 2019.


Des stages de 3e de qualité

33 000 offres de stages de 3e de qualité, pour un objectif initial de 30 000 offres, ont été mises à la disposition des collégiens, scolarisés en Rep+, grâce à la mobilisation d’acteurs des secteurs public et privé.


Les Cités éducatives, un label d’excellence

80 Cités éducatives éligibles dans les quartiers prioritaires, dévoilées le 2 mai dernier. Ce label a pour but de lutter contre les inégalités des chances dans le parcours scolaire des enfants en mobilisant tous les acteurs qui interviennent dans le quotidien des jeunes, entre 3 et 25 ans. L’État accompagne ce dispositif collectif avec 100 millions d’euros sur la période 2019-2021. Les projets seront labellisés en juillet prochain afin de démarrer dès la rentrée de septembre.


Les emplois francs étendus et assouplis

740 quartiers prioritaires dans 13 territoires d’expérimentation : le dispositif des emplois francs a été considérablement étendu depuis son lancement, en avril 2018. Cette aide fiscale bénéficie aux entreprises et associations employeuses d’un salarié résident d’un quartier prioritaire, où qu’elles soient implantées. Sur près de 6 000 dossiers d’aide aux entreprises acceptés, à la fin avril dernier, 82 % portent sur des CDI.


Un soutien renforcé aux associations

44 associations lauréates de l’appel à manifestation d’intérêt, retenues le 26 avril dernier. Pendant trois ans, elles vont bénéficier d’une dotation de 15 millions d’euros par an – soit 45 millions d’euros, au total – pour développer des actions, qui ont fait leurs preuves, dans de nouveaux quartiers prioritaires de l’Hexagone et d’outre-mer. En complément, le plan consacré aux petites associations de proximité, annoncé par le président de la République, va permettre de répondre à l’attente du milieu associatif qui, par ses actions locales (éducatives, sportives, citoyennes…), contribue à la cohésion sociale.

Le 13 juin, un rendez-vous pour former une « Grande Équipe de la réussite républicaine ». Pour résorber les grandes inégalités constatées dans les quartiers prioritaires, le Gouvernement agit avec tous les acteurs de la politique de la ville, à commencer par les services et opérateurs de l’État, mais aussi avec des acteurs de premier plan : les élus locaux, les associations, les habitants dans les conseils citoyens… Le ministère de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales amplifie cette mobilisation nationale et plus large, en impliquant les entreprises à travers le paQte et les branches professionnelles, les institutions culturelles, les fédérations sportives, les médias… Julien Denormandie réunira donc, le 13 juin prochain, ces différents acteurs, à la Grande halle de La Villette, pour former une « Grande Équipe de la réussite républicaine ».