Politique de la ville : une action collective pour les habitants des quartiers

24 mai 2018| Mis a jour le 25 mai 2018

Le président de la République a installé le Conseil présidentiel des villes, le 22 mai, et annoncé les grands axes de la mobilisation nationale que son Gouvernement doit conduire concrètement, avec les acteurs locaux, en faveur des quartiers les plus défavorisés et de leurs habitants. Une action que porte le ministère de la Cohésion des territoires, dans le cadre de la politique de la ville, en termes de lutte contre les inégalités territoriales, d’émancipation des habitants des quartiers fragiles et d’égalité des chances.

« La France, une chance pour chacun »

« La France, une chance pour chacun » : c’est sous cette bannière, qu’il appelle de ses vœux, que le président de la République, Emmanuel Macron, a installé le Conseil présidentiel des villes, ce 22 mai, en présence de Jacques Mézard, ministre de la Cohésion des territoires, et Julien Denormandie, secrétaire d’État.

Il a ensuite reçu, entouré notamment de ministres, les forces vives des quartiers de la politique de la ville : élus locaux, habitants, conseillers citoyens, régies de quartier, Conseil national des villes, acteurs associatifs, dirigeants d’entreprise, représentants de l’État, parlementaires…

Le président de la République les a appelés à « construire ensemble une action collective » pour les quartiers de la politique de la ville, « où le manque de moyens, d’éducation et d’emploi se concentre » afin de « résorber cet écart ». Le président de la République réitère ainsi son appel de novembre dernier à une « mobilisation nationale pour les villes et les quartiers », de l’État, des collectivités, des entreprises, des associations et des habitants.

Un État facilitateur pour changer de méthode

Soulignant la forte mobilisation des différents acteurs de ces territoires depuis ces derniers mois, notamment autour du travail de Jean-Louis Borloo, Emmanuel Macron ne veut pas présenter un énième « plan banlieues », mais « changer de méthode ». L’enjeu est d’impulser un État facilitateur de projets afin de valoriser les initiatives locales et ce, à partir de deux convictions : la politique pour les quartiers populaires doit associer les habitants ; ces derniers ne réclament pas une politique spécifique mais l’accès aux mêmes droits et aux mêmes services que sur l’ensemble du territoire.

Pour « refaire République », le président de la République s’est félicité de « l’optimisme » qui se dégage de ces quartiers, malgré des situations socio-économiques et sécuritaires difficiles. Il a souligné l’engagement de son Gouvernement en faveur des habitants de ces quartiers à travers des mesures comme le déploiement de la police de sécurité du quotidien depuis février dernier (1 300 policiers supplémentaires d’ici 2020), les emplois francs pour lutter contre la discrimination à l’embauche ou, encore, le dédoublement des classes en CP dans les Réseaux d’éducation prioritaires ou la scolarisation en maternelle dès 3 ans.

Consulter le discours du président de la République du 22 mai 2018

Donner de la confiance à nos concitoyens

« Justice, sécurité, emploi, éducation…, sur un certain nombre de territoires, comme les quartiers de la politique de la ville, on a moins de chances de réussir, surtout lorsqu’on est jeune, que sur la moyenne du territoire. C’est une réalité (…). Cette mobilisation, ce n’est pas une politique pour les quartiers, mais pour les territoires. Elle doit contribuer à donner à nos concitoyens de la confiance »
Jacques Mézard, ministre de la Cohésion des territoires, devant les parlementaires de l’Assemblée nationale

« Il faut permettre cette émancipation que chacun attend depuis trop longtemps [avec] des mesures concrètes. (…) Il faut lutter contre la radicalisation sous toutes ses formes, encourager la rénovation urbaine mais pas seulement : il faut rétablir le lien avec la République dans les quartiers prioritaires et donner à chacun les mêmes chances », a expliqué Julien Denormandie.

« La France, une chance pour chacun » Retour sur l’événement en vidéo (2h25’)

Zoom sur quelques priorités annoncées 

  • Garantir la sécurité pour chaque habitant
    > Déploiement de la police de sécurité du quotidien dès septembre dans 15 quartiers, puis dans 15 autres en janvier 2019 (1 300 effectifs supplémentaires d’ici 2020 dans 60 quartiers, au total) ;
    > d’ici juillet, lancement d’une réflexion, avec des maires volontaires, sur un partenariat avec la police municipale et l’accès aux informations concernant les personnes radicalisées ; et lancement d’un plan de mobilisation contre le trafic de drogue, en construisant une « société de la vigilance ».
  • Rénovation urbaine  : l’État tiendra ses engagements budgétaires, dès le plan de loi de finances 2019. La priorité est désormais d’aller plus vite, ce qui nécessite de simplifier les procédures. D’ici six mois, sortir les premières cibles avec une opération « Cœur de quartier ».
  • Mener une politique de peuplement à l’échelle des agglomérations et éviter de concentrer les populations les plus paupérisées, notamment primo-arrivantes, toujours dans les mêmes quartiers.
  • Équipements collectifs : d’ici juillet, réfléchir à la mise en œuvre de l’évaluation de l’équité territoriale et à la création d’une fondation rattachée à l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT), comme « opérateur de rattrapage » pour l’accès aux équipements dans les territoires fragiles.
  • Petite enfance : financement de 30 000 nouvelles places de crèches sur le quinquennat et soutien aux communes qui souhaiteront investir à hauteur de 1 000 € par place de crèche dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville.
  • Éducation  : un partenariat sera lancé avec la fondation Face et d’autres acteurs associatifs pour offrir 15 000 stages en entreprise, dès janvier 2019, aux collégiens de 3e résidant dans les quartiers. L’État et des établissements publics et agences, les hôpitaux et les établissements d’enseignement mettront à disposition 15 000 offres de stage.
  • S’attaquer de front aux discriminations : en juillet prochain, le président de la République réunira les entreprises du SBF120 autour d’engagements concrets, et un testing sera lancé pour suivre l’ensemble de ces 120 entreprises durant trois ans.

Parmi les actions concrètes, le président de la République a également évoqué la lutte contre le racisme et l’antisémitisme et contre les violences faites aux femmes et le soutien aux associations.