Réussite éducative : des mesures pour permettre à chaque jeune d’être maître de son destin

6 novembre 2018| Mis a jour le 7 novembre 2018

Julien Denormandie, ministre chargé de la Ville et du Logement, et Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, ont visité plusieurs établissements scolaires de Nîmes (Gard) – école primaire, collège et lycée professionnel –, le 5 novembre. Ils ont échangé avec la communauté éducative, les parents, élèves, associations, élus et opérateurs de l’État. L’occasion de revenir sur des dispositifs éducatifs et des mesures innovantes, leviers de réussite scolaire des élèves des quartiers de la politique de la ville.

Face aux fractures sociales et économiques qui touchent les populations les plus fragiles, l’éducation doit rester un lieu d’égalité des chances et de réussite mais aussi un sanctuaire. Pour répondre au décrochage et aux violences scolaires, «  Le Gouvernement porte un plan ambitieux pour la protection de l’école », a rappelé Julien Denormandie.

« Une nouvelle méthode, une nouvelle dynamique. Il faut associer tous les acteurs, les mettre en réseau et faire en sorte que ce réseau soit celui de toutes celles et ceux qui n’en ont pas  », a relevé le Ministre chargé de la ville et du logement. Le volet éducatif de la politique de la ville vise ainsi à réduire les inégalités territoriales en matière de réussite éducative que connaissent les élèves des 1 514 quartiers prioritaires, à y favoriser la mixité sociale et à doter les enfants, dès le plus jeune âge, des mêmes outils d’épanouissement qu’ailleurs.

En chiffres
276 000 collégiens sont des jeunes scolarisés résidant dans les quartiers prioritaires. Ces jeunes ne sont plus que 175 000 au lycée et, après le bac, seulement 2 500 dans les classes préparatoires aux grandes écoles (2015-2016).
Source : Observatoire national de la politique de la ville – CGET.

En s’appuyant sur des dispositifs spécifiques, l’école contribue à réduire les inégalités sociales et territoriales existant entre les élèves. Zoom sur des axes d’action phares.

Dédoublement des classes de CP et CE1

Composées de 12 élèves, en moyenne, ces classes dédoublées assurent aux élèves les plus en difficulté un cadre d’apprentissage plus favorable à leur maîtrise des savoirs fondamentaux (lire, écrire, compter et respecter autrui).

Déployé depuis la rentrée scolaire de 2017 dans le réseau d’éducation prioritaire (Rep) et le réseau d’éducation prioritaire renforcée (Rep+), le dédoublement bénéficie désormais à 190 000 élèves. À la rentrée 2019, il concernera 300 000 enfants, soit 100 % des classes de CP et CE1 de l’éducation prioritaire.

À savoir : pour accroître d’accroître l’attractivité des établissements de Rep+ et y stabiliser les équipes, le Gouvernement a décidé d’augmenter la prime des 60 000 personnels de l’Éducation nationale qui y exercent de 3 000 € sur trois ans, à partir de la rentrée 2018.

Scolarisation des enfants de moins de 3 ans

À la rentrée 2019, la feuille de route présidentielle en faveur de la politique de la ville prévoit d’abaisser l’âge de l’instruction obligatoire à 3 ans. Aujourd’hui, 97 % des élèves sont scolarisés dès cet âge, mais selon des disparités territoriales en termes de taux de scolarisation ou d’assiduité, notamment en petite section de maternelle. La volonté du Gouvernement est donc d’agir au plus tôt, en portant une attention constante aux élèves les plus fragiles. Cette décision affirme le caractère fondamental de la scolarité avant 6 ans.

À savoir : l’État s’engage à apporter, dans 60 quartiers, une aide aux communes pour créer des postes d’agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (Atsem) afin de renforcer la communauté éducative dans l’accueil des enfants.

Programmes de réussite éducative

Animés par des équipes pluridisciplinaires (enseignants, psychologues, associations d’éducation populaire, collectivités territoriales, Caisses d’allocations familiales, etc.), ces programmes accompagnent les enfants de 2 à 16 ans et leurs familles sur les causes extrascolaires du décrochage scolaire (parentalité, santé, motricité, difficultés cognitives ou psychosociales…)

Actuellement, 540 programmes de réussite éducative couvrent les trois quarts des 1 514 QPV et s’adressent à 102 000 enfants, dont 80 % accompagnés en parcours individualisés. 66 millions d’euros sont affectés à ce dispositif que pilote le Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET), en concertation avec le ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse.

Lutte contre le décrochage scolaire

Le dispositif « École ouverte » accueille, dans les collèges et les lycées, des enfants et des jeunes vivant dans des zones urbaines et rurales défavorisées, qui ne partent pas pendant les vacances scolaires, ainsi que les mercredis et samedis. Améliorant les relations entre adultes et jeunes en créant un climat de confiance, l’école ouverte bénéficie à plus de 100 000 élèves dans 650 établissements de l’éducation prioritaire.

La lutte contre le décrochage scolaire s’appuie également sur l’accueil des jeunes des quartiers de la politique de la ville dans les entreprises et les administrations dans le cadre de leur stage d’observation de 3e, par exemple, ou des actions de prise en charge des décrocheurs à travers des plateformes de suivi et d’appui aux décrocheurs.

À savoir : 30 000 stages de 3e vont être identifiés, collectés et proposés pour l’année scolaire 2018-2019 : 15 000 dans le secteur public et 15 000 dans le secteur privé. Le Gouvernement a, en effet, lancé monstagedetroisieme.fr, un portail Internet de collecte et de recherche de stages d’observation, ouvert aux collégiens et à leurs familles issus du réseau d’éducation prioritaire renforcée (Rep+). Les entreprises et les administrations peuvent y déposer leurs offres de stages.

Soutien à la parentalité

Les contrats de ville soutiennent également des actions de soutien à la parentalité à hauteur de près de 12 millions d’euros. Ils portent, en particulier, sur les réseaux d’écoute, d’appui et d’accompagnement et les contrats locaux d’accompagnement à la scolarité.

Les collégiens entrant en réseau de l’éducation prioritaire renforcée (Rep+) sont fragiles scolairement : près d’un sur cinq est en retard à l’entrée en 6e. Leur maîtrise des compétences de base est moins solide. Par ailleurs, seuls trois quarts des collégiens de Rep+ réussissent au diplôme national du brevet, contre près de neuf élèves sur dix dans les collèges publics hors éducation prioritaire.L’objectif principal de l’éducation prioritaire est de réduire à moins de 10 % les écarts de réussite scolaire entre les écoles et les établissements classés en zone d’éducation prioritaire et les autres. Il s’agit aussi de prévenir significativement le décrochage scolaire en développant les actions et de ramener vers la formation initiale les jeunes ayant quitté prématurément le système éducatif.

« Nous voulons faire de l’éducation le premier levier d’intégration et d’émancipation. Ces cités éducatives reposent donc sur trois principes : l’alliance de la politique de la ville et de l’éducation nationale, qui n’a jamais été aussi clairement voulue ; le regroupement des acteurs pour assurer une continuité éducative et la mise en place un label d’excellence et d’ambition. Cette stratégie coordonnée des multiples acteurs autour de l’école et en lien avec les parents peut prévenir le décrochage scolaire et favoriser la réussite éducative. Elle concentre l’action publique pour éviter la mise en place de politiques publiques séparées et sans cohérence les unes des autres. »
Julien Denormandie

À la rentrée 2017, 365 collèges publics sont en réseaux d’éducation prioritaire renforcés (REP+) en France métropolitaine et outre-mer, dont une très forte majorité située dans les quartiers prioritaires. L’éducation prioritaire concerne 6 700 écoles.

Crédit photo une : Philippe Devernay/MEN