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Atchoum : le covoiturage solidaire des zones rurales

Publié le 30/08/2019

 Covoiturage

Crédits : Laurent Mignaux / Terra

Face au manque de transports publics dans les zones rurales, la start-up Atchoum a décidé de miser sur les relations entre voisins. Au travers d’une plateforme, les habitants de petites communes sont mis en relation avec un conducteur non professionnel prêt à se rendre disponible, pour des besoins ponctuels de déplacement.

Un jeudi de novembre 2015, Vincent Desmas se fait opérer à Aix-en-Provence. Les jours qui suivent, impossible pour lui de conduire. « Le lendemain de l’opération j’avais un rendez-vous dans un village varois pourtant voisin au mien, mais je me suis retrouvé bloqué». Sans taxi, ni autocar à disposition, ce chef d’entreprise se penche sur le problème de mobilité qu’il rencontre. Cette réflexion le conduit à concevoir un service de déplacement à la demande pour les trajets courts, dans les petites communes de France (moins de 3 500 habitants) : Atchoum.

 

D’abord lente au démarrage, l’idée de Vincent Desmas bénéficie d’un coup d’accélérateur en janvier 2017. À la suite d’un appel à projet, Atchoum est sélectionnée pour rejoindre l’incubateur Euratechnologie en tant que coup de coeur du groupe PSA. « En juillet 2017, la société Atchoum était née ». Depuis, la plateforme est présente dans 27 communes répartis sur 4 départements : l’Alsace, l’Aveyron, le Lot et le Var.

Une réponse solidaire

La démarche d’Atchoum est simple : mettre en relation des passagers qui ont besoin de se déplacer avec des conducteurs prêts à rendre service. « De fait, les bénéficiaires de ce covoiturage rural sont avant tout les personnes âgées, les jeunes qui n’ont pas le permis ou les jeunes qui ont le permis, mais pas de voiture », analyse Vincent Desmas, avant d’ajouter «côté conducteur, il s’agit de jeunes retraités désireux de rendre service, mais également de personnes en activité sur la commune et qui souhaitent faire profiter de leur trajet domicile - travail».  Pas d’activité lucrative, ni de bénévolat, Atchoum entend être une réponse solidaire au manque de mobilité en milieu rural. L’accès à la plateforme est gratuit pour l’utilisateur et le conducteur est rémunéré entre 0,20 et 0,35 centimes par kilomètre selon la distance parcourue. Le service de mise en relation, quant à lui, est souscrit sous forme d’abonnement par les collectivités. «Pour la commune de Néoules, la mise à disposition de la plateforme revient à une centaine d’euros par mois, soit 50 euros pour 1 000 habitants», indique André Guiol, maire de Néoules.

Une solution soutenue par les mairies

Afin que la plateforme soit accessible à tous, la demande de covoiturage peut se faire via : un site internet, une application mobile et un centre d’appel téléphonique. «Contenu de la fracture numérique, il était important de ne pas tout centraliser autour d’Internet», précise le chef d’entreprise. D’où le concept de tickets mobilité. Si la course est payable par prélèvement SEPA, la commune met également à la disposition des tickets mobilités par carnets de 10 dont la valeur est de 1,25 euros par ticket. «Il est important que les personnes âgées puissent se saisir facilement de ce dispositif. Au-delà de réduire l’isolement entre villages, Atchoum permet de réduire l’isolement entre les personnes», se réjouit le maire de Néoules.

 

Pour faire connaître le service à leurs administrés, les collectivités se saisissent également d’un kit de communication comprenant l’affichage de banderoles à l’entrée des villages, la distribution de flyers chez les commerçants et une pleine page dans le bulletin municipal. A terme, l'idée est d'utiliser les tickets mobilité comme monnaie d'échange dans les petits commerces locaux. La cible est importante : il y a 35 000 communes en France dont 34 000 ont moins de 3 500 habitants et la start-up entend bien s’implanter sur tout le territoire.

 

Atchoum : cercle vertueux

Crédits : Atchoum