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Congrès des maires du Gers : trois questions à Jacqueline Gourault

Publié le 01/04/2019

Congré des maires

Crédits : Arnaud Bouissou - Terra

Suppression de la taxe d’habitation, découragement des élus... suite au congrès des maires du Gers, le samedi 23 mars, la ministre de la Cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales, Jacqueline Gourault, répond aux inquiétudes des maires.

Question 1 – Selon plusieurs études, nombreux sont les maires qui ne souhaitent pas se représenter en 2020. Vous qui avez exercé la fonction de maire pendant 25 ans, comment percevez-vous le découragement de ces élus ?

La fonction de maire est sacrée. Les habitants considèrent à tort que les maires sont de simples « prestataires de services », alors que ce sont des hommes et des femmes engagés qui exercent d’abord une responsabilité publique. La lassitude que vous évoquez n’est pas sans lien avec l’agrandissement des intercommunalités. Les maires ont le sentiment d’avoir perdu la substance de leur mission. Pour ma part, je note que la fonction d’élu subit l’évolution sociétale là où l’engagement pour le bien commun se raréfie. Il faut trouver des solutions pour susciter à nouveau des vocations car, chacun le sait au fond de lui, que la commune est la cellule de base de la République.

 

Question 2 – Dans les territoires, de nombreux défis semblent s’accumuler : transports, présence médicale, disparition des services publics… Qu’en est-il ?

Le sujet central, c’est le besoin de proximité. Quel que soit le lieu où ils ont choisi d’habiter, les Français demandent légitimement les moyens de vivre correctement, de trouver à proximité de chez eux un hôpital, une école, une épicerie, un bistrot. Pour répondre à la lente dégradation du service public, il faut être inventif. Je ne plaide pas pour le big bang, mais pour le « cousu-main ». Le service public doit être modulable en fonction des demandes de la population. Aujourd’hui, les maisons de services au public revêtent diverses formes, au regard des besoins de la population locale et des spécificités du territoire, avec des partenaires comme Pôle emploi, la CNAM ou La Poste. Elles sont une réponse aux attentes de proximité de nos concitoyens. J’ai proposé au Gouvernement de développer 500 maisons de services au public d’ici un an, en plus des 1300 déjà existantes sur le territoire national.

 

Question 3 – La suppression annoncée de la taxe d’habitation inquiète de nombreuses communes. Quel est le dispositif financier prévu pour compenser cet allègement d’impôt ?

Pour compenser la suppression progressive de la taxe d’habitation, les trois premières années, l’État paie l’impôt local en lieu et place du contribuable. Ensuite, nous allons réfléchir avec les représentants des collectivités et des associations concernées sur les ressources financières qui demain compenseront la taxe d’habitation. Une possibilité consisterait à donner aux communes la totalité des recettes liées à la collecte de l’impôt sur le foncier bâti, partagé aujourd’hui avec les départements. Dans tous les cas, les évolutions en matière de fiscalité locale ne diminueront pas les ressources financières dont disposent les communes.