Eco-prêt logement social

L’écoprêt logement social (éco-PLS) est un dispositif s’adressant aux bailleurs sociaux. Il est issu du Grenelle de l’environnement et vise à encourager la rénovation énergétique de 800 000 logements sociaux consommateurs en énergie d’ici à 2020.

Mis à jour le 19/08/2019

Présentation de l’écoprêt logement social

L'écoprêt logement social se présente comme un prêt d’un montant de 9 000 à 16 000 € par logement, accessible aux bailleurs sociaux, en particulier aux organismes mentionnés à l’article R 323-1 du code de la construction et de l’habitation, notamment les organismes d’habitations à loyer modéré, les sociétés d’économie mixte ayant dans leur objet statutaire la réalisation de logements, les maîtrises d’ouvrage d’insertion. Son montant peut être majoré de 2 000 € par logement si les travaux réalisés permettent de justifier d’un label réglementaire de performance énergétique.

 

Le prêt permet de financer les travaux d’économies d’énergie réalisés dans des logements énergivores situés en zone ANRU. Il complète donc les dotations budgétaires allouées à ces zones pour favoriser leur rénovation.

 

Sont visés en priorité les logements de classe énergétique E, F et G du diagnostic de performance énergétique (DPE). Le prêt a également été ouvert aux logements de classe énergétique D du DPE, dans la limite d’un quota national annuel de 50 000 logements.

 

De 2009, année de sa mise en place, à aujourd’hui, 3 générations de prêt se sont succédées, avec des conditions d’attribution différentes.

Mise en place et évolutions de l’écoprêt logement social

En 2009

L’État et la Caisse des dépôts et consignations (CDC) ont débloqué une enveloppe de prêts de 1,2 Md€, à 1,90 % sur 15 ans ou 2,35 % sur 20 ans. L’objectif était de réhabiliter 100 000 logements sociaux. Une convention a été signée entre l’État et la Caisse des dépôts et consignations le 26 février 2009 prévoyant sa mise en place et les conditions dans lesquelles les bailleurs sociaux pouvait accéder au prêt. Cette enveloppe a été entièrement consommée au 1er juin 2011.

 

En 2011

Une seconde génération d’éco-PLS a été mise en place le 1er décembre 2011, pour le financement de 70 000 rénovations par an jusqu’en 2020 comme le prévoit la loi Grenelle I. Une convention spécifique à ce nouveau prêt a été signée le 4 mai 2012 par l’État et la Caisse des dépôts et consignations pour préciser les conditions d’éligibilité et les exigences portant sur les travaux et les consommations énergétiques. Les caractéristiques financières du dispositif ont évolué, désormais à taux variable, adossé au taux du livret A. Il a également été demandé à l’organisme emprunteur de s’engager sur un programme de rénovation quinquennal et régional comportant au minimum 30 % de logements de classe énergétique E, F ou G. Le nombre de logements D éligibles est porté à 14 000 logements par an. En 2012, seulement 25 000 logements sociaux bénéficiaient d’un éco-PLS, un seuil en forte baisse. Face à ce constat, des améliorations ont été prévues par le gouvernement pour rendre ce dispositif plus incitatif.

 

En 2013

Afin d’atteindre le rythme de 120 000 rénovations par an à l’horizon 2017 (plan de rénovation énergétique de l’habitat), l’éco-PLS a de nouveau évolué afin de le rendre plus incitatif.

Le taux est désormais fixé :

  • au taux du livret A diminué de 75 points de base pour une durée inférieure ou égale à 15 ans ;
  • au taux du livret A diminué de 45 points de base pour une durée supérieure à 15 ans et inférieure ou égale à 20 ans ;
  • au taux du livret A diminué de 25 points de base pour une durée supérieure à 20 ans et inférieure ou égale à 25 ans.

Le quota annuel de logements de classe énergétique D a été porté à 50 000 logements. Cependant les programmes de rénovation quinquennaux doivent toujours être déposés par les bailleurs sociaux aux directions régionales de la Caisse des dépôts et aux DREAL.

 

Avenant du 3 juillet 2015

En 2015, l’objectif général de 500 000 logements rénovés à partir de 2017 (plan de rénovation énergétique de l’habitat) est renforcé car inscrit dans la loi de transition énergétique pour la croissance verte. Afin d’accélérer la rénovation du parc social, un avenant à la convention entre l’État et la Caisse des dépôts et consignations du 4 mai 2012 a été publié le 3 juillet 2015, introduisant des assouplissements au dispositif :

  • l’objectif de performance énergétique à atteindre après travaux est révisé pour les maisons individuelles en classe énergétique F ou G avant travaux, afin de tenir compte des surcoûts importants des travaux de rénovation énergétique dans ces logements. Elles sont désormais inférieures ou égale au minimum des deux valeurs suivantes 230 et 230*(a+b) kWh/m²/an ;
  • à titre expérimental, un cadre dérogatoire est instauré pour les programmes de travaux nécessitant un phasage sur plusieurs années. Ce cadre sera expérimenté dans les régions Nord-Pas-de-Calais, Île-de-France, Rhône-Alpes et Pays de Loire en 2015. Les dossiers seront évalués par un comité national constitué de représentants de la DHUP, de l’USH et de la CDC qui examinera les conditions de dérogations ;
  • une expérimentation d’instruction simplifiée, commune à l’éco-PLS et au FEDER, sera examinée en 2015 sur 2 régions en 2015 (Nord-Pas-de-Calais et Lorraine) pour optimiser l’instruction pour l’ensemble des acteurs.

Avenant du 28 mars 2017

En 2017, l’avenant a apporté une simplification d’instruction concernant les maisons individuelles. Afin de faciliter l’instruction des demandes de prêt de maisons individuelles dites « similaires », une méthode simplifiée garantissant le respect des cibles fixées par la présente convention est introduite.
Le maître d’ouvrage doit classer les maisons en fonction de différents critères :

  • année de construction,
  • typologie,
  • principe constructif,
  • caractéristiques thermiques.

Une demande de prêt commune peut être faite pour l’ensemble des maisons présentant les mêmes critères en le justifiant grâce à une note technique. Le montant du droit à prêt est alors calculé sur la base de la maison la plus défavorable du groupement, soit en effectuant une évaluation énergétique selon la méthode Th-C-E-ex, soit en utilisant les grilles de travaux en annexe (disponibles dans l'avenant).
La maison la plus défavorable est celle qui présente le gain énergétique avant/après travaux le plus faible, ou celle ayant obtenu le moins de points dans les grilles de travaux

Travaux éligibles

Pour les bâtiments achevés après le 1er janvier 1948, une obligation de résultat sur leur performance énergétique après travaux est demandée. La mesure du niveau de consommation conventionnelle en énergie est réalisée au moyen d’une méthode réglementaire applicable aux bâtiments existants, la méthode TH-C-E-ex.

 

Pour bénéficier de l’écoprêt logement social, deux conditions doivent être remplies par les logements situés en classe énergétique E, F ou G avant travaux :

  • la consommation conventionnelle en énergie primaire du bâtiment, avant les travaux, doit être supérieure ou égale à 230 kWh/m²/an ;
  • les travaux doivent permettre d’atteindre une consommation conventionnelle en énergie primaire inférieure ou égale à 150 kWh/m²/an, sachant que cet objectif est modulé en fonction des zones climatiques et de l’altitude.

 

Pour les logements situés en classe D avant travaux, les conditions suivantes doivent être remplies pour pouvoir bénéficier du prêt :

  • la consommation conventionnelle en énergie primaire du bâtiment, avant les travaux, doit être comprise entre 151 et 230 kWh/m²/an ;
  • les travaux doivent permettre la réalisation d’un gain de consommation conventionnelle en énergie primaire de 85 kWh/m²/an, sachant que cet objectif est modulé en fonction des zones climatiques et de l’altitude, ou doivent permettre d’atteindre après travaux une consommation conventionnelle d’énergie primaire de 80 kWh/m²/an (également modulée en fonction de la zone climatique et de l’altitude).

 

Pour les maisons individuelles de classe énergétique F et G, les conditions suivantes doivent être remplies pour bénéficier du prêt (depuis la signature de l’avenant du 3 juillet 2015) :

  • la consommation conventionnelle en énergie primaire de la maison individuelle, avant les travaux, doit être supérieure ou égale à 330 kWh/m²/an ;
  • les travaux doivent permettre d’atteindre une consommation conventionnelle en énergie primaire inférieure ou égale au minimum de 230 kWh/m²/an et de 230 kWh/m²/an modulé en fonction des zones climatiques.

 

La méthode réglementaire n’étant pas applicable aux bâtiments achevés avant le 1er janvier 1948, il est possible pour les bailleurs de recourir à une liste de travaux performants prédéfinie, c’est-à-dire à une obligation de moyens. L’ensemble des exigences sont détaillées dans la convention signée par l’État et la Caisse des dépôts et consignations le 4 mai 2012 et dans l’avenant du 3 juillet 2015 à cette même convention.

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