Lutte contre l’habitat indigne et insalubre en outre-mer

La situation des départements d’outre-mer en matière d’insalubrité et d’habitat indigne présente une gravité et une acuité particulières. L'habitat indigne et insalubre est estimé à environ 100 000 logements dans ces territoires, dont environ 11 000 logements insalubres, soit plus de 12% du parc total de logements. Les besoins en matière d’amélioration de l’habitat constituent donc un enjeu majeur de santé publique.

Mis à jour le 17/06/2019

Une approche différenciée

Une approche différenciée est nécessaire pour traiter les situations des cinq départements outre-mer.
Certains territoires connaissent une diminution des secteurs d'insalubrité, mais doivent de plus en plus faire face à des cas diffus, difficiles à identifier et traiter. D'autres constatent une forte détérioration du parc privé, notamment en centre-ville, dans les copropriétés dégradées. Enfin, en Guyane et à Mayotte, plus de la moitié de la population vit dans les quartiers prioritaires de la ville (QPV). 

Ces départements sont confrontés à l'accroissement de l'habitat spontané qui se développe sous la pression démographique. Concevoir des solutions de résorption de l'habitat insalubre et informel, de réhabilitation des quartiers précaires, à l'échelle de l'ensemble du territoire, est devenu une nécessité impérative. Le logement social ne peut en effet supporter seul l'ensemble de l'effort pour le logement des ménages aux revenus modestes.

Repenser la politique de la ville

Dans le cadre de l’élaboration de la feuille de route sur la politique de la ville, les moyens des acteurs locaux de la lutte contre l’habitat indigne, ainsi que leur connaissance des dispositifs et procédures existants, sont à renforcer (formation, mise en réseau, échanges…).

En Guyane et à Mayotte, la loi Elan prévoit que les pouvoirs de police du préfet soient renforcés pour faciliter la démolition des poches d’habitats illégaux et indignes, limiter les risques pesant sur leurs occupants et favoriser l’aménagement et la résorption de l’habitat insalubre.

Expérimenter l’autoconstruction

Le ministère souhaite, pour répondre aux défis que pose la résorption de l’habitat indigne, que soit étendue l’expérimentation menée en Guyane, notamment sur le recours à l’autoconstruction et à l'autoréhabilitation encadrées, afin d'augmenter la qualité et la quantité du parc de logements accessibles aux ménages à revenus très modestes.

Mettre en place une politique de l’hébergement d’urgence

L’offre d’hébergement d’urgence et de résidences sociales pour les publics précaires est aujourd’hui sous-dimensionnée. Les ministères de l’Intérieur, de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités et des Outre-mer encouragent la mise en place de solutions de relogement temporaires, en parallèle de lutte contre l’habitat illégal, indigne, et insalubre.

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