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Les Concerts de Poche donnent le « la » dans le Nord et Pas-de-Calais

Publié le 16/10/2019

concerts de poche Acteurs des territoires

Crédits : Crédit : CGET

Découvrir la 9e symphonie de Beethoven, rencontrer Nathalie Dessay ou encore s’initier au jazz… Autant d’expériences partagées par les habitants du Nord grâce à l’association les Concerts de Poche qui donne accès à la pratique musicale à un public souvent éloigné de la « grande » musique. Rencontre avec Clémence Chabot, référente des Concerts de Poche dans le Pas-de-Calais.

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Les Concerts de Poche égrainent leurs notes de musique dans les quartiers prioritaires et campagnes du Nord et du Pas-de-Calais depuis 2006, comme ici à Laventie (62), petite ville de 5 000 habitants du terroir Flandre Lys. L’association donne accès à la pratique musicale à un public souvent éloigné de la « grande » musique. Ses activités réunissent enfants, jeunes, adultes et seniors et font se rencontrer artistes et habitants.

Dans quel contexte et avec quelles missions en particulier s’est créée l’association ?

Au niveau national, l’association Les Concerts de Poche est née en 2005. Très vite, en 2006, elle s’est installée dans la métropole lilloise, dans la foulée de l’événement culturel « Lille 2004 ». La Métropole souhaitait améliorer son maillage culturel, et nous avons débuté nos ateliers dans les quartiers prioritaires situés dans 11 de ses communes. L’expérience a rapidement essaimé dans les Flandres, le Valenciennois et le Douaisis, où nous avons déployé nos activités artistiques dans des zones périurbaines et rurales.
Notre mission consiste à rendre accessible la musique classique, le jazz ou l’opéra en allant au-devant d’un public souvent peu familier de ce genre de répertoires et en travaillant avec des artistes professionnels, parfois très renommés comme Nathalie Dessay, Vincent Peirani ou Jean-François Zygel.

Quelles sont les principales actions conduites, aujourd’hui ?

Notre action ne se cantonne pas à la diffusion d’événements culturels. Pour nous, la musique n’est pas une finalité en soi. C’est un moyen de créer du lien social, de l’intergénérationnel et d’ouvrir le champ artistique aux habitants les plus modestes.
Dans cet esprit, nous produisons 15 à 20 concerts par an dans le Nord et le Pas-de-Calais, avec une politique tarifaire abordable pour le plus grand nombre : de 3 à 10 euros, jamais plus que le prix d’une place de ciné.
Notre devise, c’est « Pas de concerts sans ateliers, pas d’ateliers sans concerts ». Chaque concert donne donc lieu à un travail préparatoire avec les habitants (ateliers de création de contes musicaux, de chorale, d’écriture, de lutherie sauvage…) Nos concerts sont l’occasion de faire participer des personnes qui ne sont jamais montées sur scène. Comme à Laventie le 9 décembre dernier, où les habitants ont notamment chanté une réduction de la 9e symphonie de Beethoven, en lever de rideau.

De quelle réussite êtes-vous la plus fière ?

Je suis fière quand les habitants qui suivent nos ateliers manifestent une vraie révélation à l’écoute de la musique classique. Nos actions plantent une petite graine qui peut révéler une vocation et donner envie de pratiquer ensuite un instrument ou le chant.
Je suis également heureuse de voir que les territoires font appel à nous. C’est une vraie reconnaissance par les pouvoirs publics de notre action de proximité. D’ailleurs, le label national « La France s’engage » nous a été remis, en 2015, comme une reconnaissance de notre travail d’action sociale innovante.

Comment le travail de l’association s’inscrit-il, plus globalement, dans l’action locale ?

Nous intervenons toujours en complément de l’offre culturelle déjà proposée par les communes qui nous accueillent. Après un diagnostic territorial, nous montons des actions qui n’existent pas sur leurs territoires et qui répondent aux besoins de publics qui n’accèdent pas leurs offres, soit dans un cadre scolaire, un foyer de personnes âgées, un centre social ou une structure médicale…
Nous nous appuyons sur notre ancrage territorial pour créer des passerelles entre les structures culturelles des collectivités et ces publics afin de briser les barrières de légitimité : s’inscrire à l’école de musique du coin ou aller voir un spectacle proposé par la commune, c’est pour tout le monde !

Qu’évoquent pour vous les « territoires en action » ?

Cette formule fait écho aux acteurs qui s’investissent dans la vie locale. Nombre d’associations s’impliquent beaucoup sur le terrain et mettent de l’énergie à faire vivre les territoires. Les habitants s’investissent volontiers dans leurs actions. Les petites communes aussi sont dynamiques, même si elles ne disposent pas de gros budgets. Et la musique est un bon vecteur pour mettre du lien entre tous !